Accompagnement aux projets de rénovation et de requalification

Sommaire

Les grands sites miniers 

L’accompagnement de grands projets fait partie des chantiers fondateurs de la Mission Bassin Minier. En effet, le « grand projet » répond à plusieurs enjeux qui caractérisent le Bassin minier du début des années 2000. 

  • Préserver et/ou reconvertir des friches industrielles qui s’avèrent être aussi des grands sites patrimoniaux ou des réserves foncières stratégiques.
  • Passer à l’acte et développer la méthode projet, sortir de la période de requalification (logique de réparation) pour entrer dans celle de la reconversion (logique de développement).
  • Développer l’attractivité et le rayonnement des territoires du Bassin minier

Dans ce cadre, la Mission Bassin Minier a joué un rôle particulièrement moteur dans l’émergence des projets de reconversion des grands sites miniers.

Fosse 9-9 bis de Oignies

La Mission Bassin Minier a contribué très activement à la définition et à la mise en œuvre du projet de reconversion du 9-9 bis. Jusqu’en 2015, elle a tenu, aux côtés de la Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin un rôle d’appui opérationnel à la conduite du projet.  

Dès la phase de conception, la Mission était présente. Un voyage d’étude dans la Ruhr avait permis en 2002 d’ouvrir les perceptions sur l’avenir possible d’un grand site industriel désaffecté.

Puis, la Mission a aidé au choix de la procédure de définition du programme. Elle a largement participé à l’ensemble de la procédure d’appel d’offre, de sélection des candidats et de choix final du projet lauréat.

Elle a co-animé les ateliers de réflexion sur les orientations programmatiques, assuré la rédaction du programme sur lequel les trois équipes ont eu à concevoir un projet. Elle est à l’origine du concept de chaîne des pratiques musicales singularisant aujourd’hui le projet de reconversion du 9-9 bis. 

La Mission a tenu un rôle central dans la rédaction de la réponse de l’appel à projets dans le cadre de la mesure « excellence territoriale » du programme FEDER 2007-2013. Cela a permis de décrocher une subvention de 3,5 M€ pour les premières phases de travaux !

Elle a co-piloté le groupe de travail sur les orientations du projet culturel et la configuration de la future équipe d’animation et de gestion du site.

Enfin, elle a animé le groupe de travail sur la programmation muséo-scénographique des bâtiments des machines, en lien étroit avec les exigences de l’inscription au Patrimoine mondial.

Pour en savoir plus : 9-9bis.com

Fosse 9-9bis de Oignies © Jean-Michel André – Mission Bassin Minier

Le site de Wallers-Arenberg

La Mission Bassin Minier est intervenue, à partir de 2008, à la demande de la Communauté d’Agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH).

Les contours du projet étaient alors encore flous. Rapidement, la Mission a proposé de recourir à un marché de définition comme pour le 9-9 bis où cela avait fait ses preuves.

L’accompagnement à la mise en œuvre de ce marché de définition a été actif jusqu’en 2015. La Mission a participé à la rédaction du cahier des charges, à l’animation de réunions de programmation avec l’université, à la mise en place d’un comité de pilotage partenarial…

La démarche a abouti à un programme articulant l’implantation du laboratoire DeVisu sur le site avec des équipements de recherche très pointus dans le domaine de l’audiovisuel. D’autres éléments de programme devaient renforcer le potentiel de rayonnement du site : un centre de culture scientifique sur la production audiovisuelle et des lieux et services liés aux tournages.

En 2015, un contrat de partenariat a été signé entre la CAPH et un consortium piloté par Norpac. La Mission en a suivi le lancement. L’accompagnement de la Mission auprès de l’EPCI s’est terminé suite à l’abandon du projet de centre de culture scientifique. 

Pour en savoir plus : arenberg-minecreative.fr

Site de Wallers-Arenberg © Jean-Michel André-Mission Bassin Minier

La cité des électriciens de Bruay-la-Buissière

À la cité des électriciens, c’est une longue histoire qui se tisse entre la Mission et un site minier. 

La Mission a participé aux premières réflexions programmatiques initiées dès le milieu des années 2000 par la ville de Bruay-la-Buissière, avec le soutien de la Communauté d’agglomération de Béthune Bruay Artois Lys Romane (CABBALR).

Se dessinaient alors les premiers contours d’un projet autour de l’habitat minier sous sa forme originelle qu’est le coron. Mais c’est seulement au début des années 2010, avec l’intégration du site dans le programme des cités-pilotes,  que la cité a bénéficié d’un rebond programmatique. 

Une première étude conduite par Pro-Développement a posé quelques bases d’une cité qui deviendrait un lieu de visite, témoin de l’histoire du logement minier. À partir de cette étude, la Mission a poussé l’idée d’une ambition plus grande : celle d’une véritable médiation autour de ce qui constitue le cœur de l’inscription du Bassin minier au Patrimoine mondial, à savoir le logement minier.

Une nouvelle étude est venue conforter cette nouvelle orientation programmatique. Un cahier des charges de consultation de maîtrise d’œuvre pour la création d’un centre d’interprétation sur les paysages, l’architecture et l’urbanisme minier a donc été lancé.

La Mission en a coordonné la rédaction. Elle a accompagné la CABBALR sur le suivi des études de maîtrise d’œuvre, confiées à une équipe conduite par Philippe Prost. 

La Mission Bassin Minier tient également un rôle central dans l’établissement du programme scientifique et culturel du projet, dans la création des contenus et la conception des dispositifs scénographiques, aux côtés de la directrice de la Cité des électriciens.

Pour en savoir plus : citedeselectriciens.fr

Cité des Electriciens à Bruay-la-Buissière © Mission Bassin Minier

Cités minières, cités-pilotes 

Le périmètre du Bassin minier Patrimoine mondial ne compte pas moins de 30 000 logements miniers, ce qui constitue une composante fondamentale du Bien inscrit.

L’intérêt architectural, urbain et paysager des cités minières en fait un atout à plusieurs titres : patrimonial, attractivité territoriale et cadre de vie. Ces cités minières sont « exceptionnelles » mais elles n’en demeurent pas moins des logements qui doivent nécessairement évoluer afin de répondre aux besoins de la population.

En effet, certains logements ne correspondent pas aux normes actuelles du logement social. Des cités souffrent d’un déficit d’attractivité qui pourrait à terme se traduire par des démolitions partielles, potentiellement incompatible avec l’Inscription.

Ainsi, en 2010, la Mission Bassin Minier, à la demande du Conseil régional et de l’État, a jeté les bases d’une démarche intégrée. C’est-à-dire une démarche de projet qui prend en compte, dans une dimension patrimoniale, à la fois les enjeux sociaux et urbains, les contraintes techniques et environnementales, les besoins de la population et la faisabilité économique.

Face à la complexité d’une telle entreprise et sur proposition de la Mission, les bailleurs sociaux SIA Habitat et Maisons & Cités, l’État, les collectivités territoriales, la Région Hauts-de-France, les départements du Nord et du Pas-de-Calais ont décidé collectivement d’expérimenter l’approche intégrée dans des « cités pilotes » choisies parmi celles qui étaient menacées de démolitions :

  • la Cité des Électriciens à Bruay la Buissières,
  • la Cité Bruno à Dourges,
  • les Cités Lemay et Sainte-Marie à Pecquencourt,
  • la Cité Taffin à Vieux Condé,
  • la Cité Thiers Ancienne à Bruay sur l’Escaut.

Cette opération a démarré sans cadre préétabli : pas de référentiel, pas de financement. Il s’agissait alors de répondre à une question qui n’avait jamais été posée en ces termes :

Comment concilier protection d’un patrimoine exceptionnel inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et contraintes de gestion d’un parc social ancien ? 

La Mission Bassin Minier a animé l’ensemble de l’opération par la mise en place d’une gouvernance technique et politique, le suivi des projets, la recherche de financement…

Aujourd’hui, la rénovation de ces 5 cités est achevée.

Au-delà de ces opérations ponctuelles, la démarche « cités-pilotes » propose une nouvelle manière de prendre en compte la protection du patrimoine dans la rénovation des cités minières.

Elle a permis de définir un référentiel. Celui-ci donne aux collectivités et aux bailleurs sociaux des recommandations pour protéger et valoriser la Valeur Universelle Exceptionnelle lors des projets de rénovation des cités minières. 

Au-delà de sa dimension patrimoniale, l’approche intégrée des projets est aujourd’hui devenue la règle pour les futures cités visées par l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier (ERBM).

  • 66,5 millions d’euros
    investis
    en 5 ans
    sur les 5 premières cités pilotes

Au total 32 M€ ont été mobilisés pour la rénovation des logements dont 3,3 M€ d’aide exceptionnelle de la Région, de l’État et de l’Europe au regard de leur valeur patrimoniale.

Par ailleurs, 34,5 M€ (dont 21,5 M€ de soutien exceptionnel de l’État, de la Région et des Départements) sont investis pour leurs espaces publics (enterrement des réseaux, places publiques, aires de jeux…) et leurs équipements.

Sites miniers en danger, bâtiments en péril

Parmi les 353 éléments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, certains sont dans une situation sanitaire critique, parfois à l’état « d’abandon ». Pour l’essentiel, ces bâtiments en péril appartiennent à des privés qui n’ont plus la capacité de les entretenir ou dont l’objet social n’est pas compatible avec les capacités des bâtiments.

Dans d’autres cas, il s’agit de bâtiments publics dont la charge d’entretien présente des caractéristiques hors normes pour les budgets des collectivités locales propriétaires.

Enfin, certains édifices, à vocation technique et industrielle, sont soumis à des contraintes réglementaires, techniques, parfois administratives et de sécurité, qui compliquent encore leur restauration et leur remise en projet.

Souvent impactés par une longue absence d’entretien, ces bâtiments présentent des dégradations qui peuvent les mettre en situation de péril. Ils nécessitent une première phase de travaux et de mise en sécurité avant de pouvoir envisager l’émergence d’un projet à plus long terme.

Peu d’éléments sont concernés au regard de l’ensemble du Bien. Mais il s’agit souvent de bâtiments particulièrement emblématiques et rares pour certains. La démolition de l’un d’eux représenterait une atteinte à la VUE et une perte irrémédiable pour l’ensemble du Bien.

Par ailleurs, leur requalification permet de lutter contre une image négative induite par la présence de bâtiments à l’abandon, parfois situés au cœur des quartiers. Cela constitue un levier de réappropriation par la population locale. Ces bâtiments à forte charge symbolique et patrimoniale sont aussi des lieux potentiels pour des équipements et des services culturels, ludiques ou touristiques. Ils peuvent contribuer à rendre les territoires plus attractifs, tant sur le plan résidentiel que sur le plan touristique. 

Identifiées comme des enjeux forts dès l’élaboration du dossier de candidature, la préservation et la requalification de ces sites en danger font l’objet d’un plan d’action spécifique qu’accompagne la Mission Bassin Minier.

Crédit photo : Rémi Radikowski – Mission Bassin Minier

Un soutien à l’émergence de projets

La Mission accompagne les collectivités et les maîtres d’ouvrage, propriétaires ou futurs repreneurs des sites, dans leurs recherches de solutions techniques, financières et programmatiques.

Ce soutien va de l’expertise jusqu’au portage d’études.

Partenariat avec l’Établissement public foncier (Epf) des Hauts de France 

L’Epf des Hauts-de-France est un acteur historique de la sécurisation, de la reconversion et de la protection des éléments de l’héritage minier.

Depuis sa création en 1990, l’Epf a assuré la requalification d’un très grand nombre de terrils. Il a également aidé à préserver les éléments emblématiques que sont les grands sites miniers (site du 11/19, site du 9-9 bis, Wallers-Arenberg) et les chevalements, propriétés des collectivités locales. Cette action financée par l’Europe, l’État et la Région, a été massive et menée avec un objectif global de changement d’image. 

En 2009, une convention avec la Mission Bassin Minier a été signée prévoyant que l’Epf puisse mobiliser les moyens opérationnels de son programme pluriannuel d’intervention 2007-2013. L’objectif était d’accompagner les collectivités locales s’inscrivant dans la démarche de valorisation et de protection du patrimoine minier. 

Dans son programme pluriannuel d’intervention 2020-2024, l’Epf réaffirme son engagement. Sous réserve de l’engagement d’une collectivité, il prévoit une prise en charge de 50 % des travaux de confortement et de mise en sécurité avant même qu’un projet de reconversion ne soit définitivement adopté. Cette mesure exceptionnelle permettra d’arrêter la dégradation, de sauver et de sécuriser les sites le temps qu’un projet émerge.

Sa mise en œuvre nécessitera un partenariat étroit entre l’Epf Hauts-de-France, la Mission Bassin Minier, les collectivités et les repreneurs potentiels.

Le lancement d’une souscription avec la Fondation du Patrimoine

L’identification d’une dizaine de bâtiments en danger au sein du périmètre des 535 éléments inscrits au Patrimoine mondial a mis en avant la difficulté d’une gestion durable du Bien. Cette difficulté est liée à la fois à la maîtrise foncière (beaucoup de ces sites en dangers sont en effet des propriétés privées) et à la dégradation importante dont ces sites sont victimes. 

Ce constat est le fruit de premiers échanges entre la Mission et la Fondation du Patrimoine qui était déjà intervenue sur quelques dossiers isolés de patrimoine minier, notamment la salle des fêtes de Wallers Arenberg.

La Mission avait alors poussé l’idée d’une action plus globale pour sensibiliser sur cette difficulté particulière de gestion du Bien inscrit. La Fondation du Patrimoine et la Mission ont donc signé ensemble une convention garantissant une approche coordonnée sur cette dizaine de sites en danger.

Cette convention a établi notamment que la Fondation du Patrimoine lance une souscription nationale visant à sauvegarder le patrimoine minier en danger. Si celle-ci ne prétendait pas pouvoir réunir les sommes nécessaires à l’engagement des travaux, elle avait surtout pour intérêt de sensibiliser l’opinion publique et les autorités sur la question.

Une campagne de communication orchestrée par la Mission et la Fondation a ainsi été lancée. Une conférence de presse s’est tenue au siège de l’UNESCO à Paris en juin 2018. Un très grand nombre d’articles et de reportages de médias régionaux et nationaux ont permis un large écho de cette initiative. Cependant, cette souscription atypique regroupant plusieurs éléments était une première dans l’histoire de la Fondation et les difficultés à communiquer sur une liste aussi longue ne sont pas des moindres. 

Affiche souscription patrimoine minier en danger © Adrien Aymard – Mission Bassin Minier

Le bilan reste mitigé tant du point de vue des montants mobilisés que de l’appropriation par la population du Bassin minier. La Mission Bassin Minier et la Fondation du Patrimoine doivent évaluer l’intérêt de la poursuite de la souscription dans ses formes actuelles.

Une campagne créative avec un flyer/poster a débuté en novembre 2019 et s’est poursuivie toute l’année 2020.

Il sera important de mesurer l’impact de cette souscription auprès des habitants, des communes et autres collectivités.

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