L’itinérance à vélo : objet de coopération européenne

La Mission Bassin Minier est impliquée dans plusieurs programmes INTERREG liés à la valorisation des paysages et du patrimoine et à leur découverte par l’itinérance à vélo. 

Le projet INTERREG « PNTH Terre en actions » France-Wallonie-Vlaanderen

Dès 2016, la Mission Bassin Minier participe au projet INTERREG « PNTH Terre en actions » France-Wallonie-Vlaanderen. Initiative des deux Parcs (Scarpe Escaut en France et Plaine de l’Escaut en Belgique), le projet vise à mobiliser les habitants et les acteurs du territoire autour de leurs patrimoines naturels et paysagers. En 2019, la Mission Bassin Minier a organisé la première édition du rallye transfrontalier « parcs sans frontière ».

Rallye transfrontalier « Parcs sans frontière » organisé en 2019 © Mission Bassin Minier

Le projet INTERREG « Destination terrils » France-Wallonie-Vlaanderen et Destination terrils II

Dès 2017, la Mission Bassin Minier est membre du comité d’orientation du projet INTERREG « Destination Terrils » France-Wallonie-Vlaanderen (2017-2021), porté par le CPIE Chaîne des Terrils : en 2019, elle a présenté le travail mené sur le « tourisme de l’itinérance à vélo ».

Le projet INTERREG « L’ano bleu » France-Wallonie-Vlaanderen, trait d’union d’un passé commun

Le territoire de l’Anneau Bleu est profondément marqué par une histoire transfrontalière imbriquée, où l’eau, l’industrie et les migrations humaines ont façonné un paysage unique. Dès le Moyen Âge, cette région de marais et de forêts humides est structurée par les travaux de canalisation et de drainage, posant les bases d’un territoire navigable, agricole et stratégique. Le canal de Condé et l’Escaut, artères fluviales majeures, jouent dès lors un rôle de frontière, mais surtout de liaison économique et sociale.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’essor de l’extraction houillère transforme en profondeur les deux rives de la frontière. Des puits de mine, des cités ouvrières et des canaux industriels apparaissent de Condé à Bernissart, dessinant une géographie commune de l’exploitation. Cette industrialisation rapide génère une culture ouvrière transfrontalière forte : travailleurs qui franchissent quotidiennement la frontière, familles installées entre les deux pays, solidarités syndicales, coopératives et réseaux ferroviaires partagés.

Les affaissements miniers, conséquences directes de l’exploitation, créent des dépressions naturelles, aujourd’hui devenues plans d’eau emblématiques comme à Chabaud-Latour, Amaury ou Harchies. Ces zones, hier considérées comme marginales ou dégradées, ont peu à peu été réinvesties par la nature et par les habitants comme espaces de mémoire, de loisirs et de contemplation.

Le patrimoine militaire (Condé et ses fortifications Vauban), les traditions batelières, les anciens chemins de contrebande ou de cache, les pratiques de chasse et de pêche, ainsi que les récits liés aux frontières vécues (guerres, douanes, échanges clandestins) complètent cet ensemble. Ces éléments construisent une identité culturelle profonde, faite de résilience, de recomposition paysagère et de fierté populaire.

Aujourd’hui, cette histoire commune, longtemps fragmentée par les découpages administratifs ou les crises industrielles, peut redevenir un levier de mise en valeur partagée. Le projet Anneau Bleu ambitionne de révéler cette mémoire inscrite dans les lieux et de la rendre lisible à travers des parcours, des récits et des expériences sensibles pour tous les publics.

Le projet

Le projet ambitionne de structurer une offre cohérente autour d’un parcours unique : une boucle transfrontalière de 50km articulant nature, mémoire et expérience.

Deux axes opérationnels

Mise en récit

L’eau, mémoire vivante du territoire, constitue le fil conducteur de la narration. Une charte identitaire partagée permettra de relier les lieux emblématiques à travers des contenus multilingues : panneaux, récits audio, capsules vidéo. Le récit s’appuiera sur les grandes thématiques du territoire : l’héritage minier, la reconquête écologique, la vie quotidienne en frontière.

Mise en tourisme

L’Anneau Bleu proposera une boucle complète, cyclable et pédestre, ponctuée de haltes aménagées et d’équipements légers (bancs, plateformes d’observation, bornes interactives). L’offre s’articulera autour d’une boucle de 50km disposant à intervalles réguliers de services structurants. Des dispositifs innovants enrichiront l’expérience des visiteurs tout au long du parcours. L’objectif est de faire de l’Anneau Bleu une destination durable, lisible et attractive, révélant la richesse d’un territoire commun.

Mise en oeuvre : les principales interventions

  • Création d’une identité graphique spécifique au produit touristique L’Anneau Bleu 
  • Conception et implantation d’un balisage unifié identitaire, d’une signalétique thématique et l’interprétation des sites (contenu digital, récits immersifs) 
  • Création de marqueurs et d’espaces identitaires pour renforcer l’attractivité 
  • Aménagement des points d’accueil et des sites nature 
  • Repositionnement de la Maison du Parc des Plaines de l’Escaut comme porte d’entrée côté wallon 
  • Amélioration des infrastructures sur les plans d’eau (aires de détente, tour panoramique, circulation douce expérientielle, …) 
  • Déploiement de parcours et de liaisons douces 
  • Renforcement des connexions cyclables (points-noeuds), aménagement d’un petit tronçon impraticable (VéloRoute Escaut, connexion vers Valenciennes) pour assurer une continuité et une fluidité de circulation en modes doux, sécurisation des traversées 
  • Réflexion pour une mise en tourisme des haltes fluviales pour encourager l’intermodalité (vélo/bateau) 
  • Promotion et communication auprès du grand public et du public des professionnels du tourisme proches de l’Anneau bleu

Implications de la Mission Bassin Minier

La Mission Bassin participe à ce projet Interreg en tant qu’opérateur côté français. Au-delà des aspects transversaux du projet qu’elle accompagne, la Mission participera activement au Module de Travail n°2 portant sur la communication. Elle pilotera également le Module de Travail n°3 portant sur la mise en récit et l’identité de l’anObleu. Au cœur de cette réflexion collective, elle assurera un travail fin de conception et d’accompagnement sur 

  • Le jalonnement de l’itinéraire
  • Le marquage des passages de frontière
  • L’implantation de totems d’accueil et d’information
  • La mise en œuvre de dispositifs de mise en récit numérique et de médiation sur l’itinéraire.
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