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  Le bassin minier
  Nord - Pas-de-Calais
  en quelques chiffres :

  • - près de 1 200 000 habitants
  • - un périmètre de 251 communes
  • - une densité de plus de 650 hab/km²
  • - un territoire de plus de 100 km de long
  • - 1 Parc Naturel Régional
  • - 3 Scènes Nationales
  • - 1 Centre Dramatique National
  • - 1 pôle de compétitivité
  • - plus de 550 cités minières, ...

Le bassin minier Nord - Pas-de-Calais : un territoire de paradoxes entre permanences et mutations

Marqué par près de 2 siècles d'exploitation charbonnière, le territoire du Bassin minier s'est forgé, autour de cette réalité géologique, une identité économique, urbaine et humaine, qui s'impose encore près de 25 ans après l'arrêt de l'exploitation. Même s'il doit faire face aux handicaps résultant de ce glorieux passé industriel, il est désormais ouvert à de nouveaux espaces de projets et pleinement engagé dans l'après-mine par l'intermédiaire de démarches emblématiques et ambitieuses dépassant la simple logique "'réparatrice", qui en font un territoire résolument tourné vers l'avenir. 

Un héritage encore présent

Territoire aux multiples facettes, le Bassin minier Nord-Pas-de-Calais partage son histoire avec celle de l'exploitation minière. La réalité géologique, qui se poursuit au-delà de la frontière avec  la Belgique, s'impose ainsi à l'évidence : l'exploitation du charbon a suivi le sillon charbonnier, situé sur plus de 120 kms d'est en ouest d'Auchel jusque Condé-sur-l'Escaut, en rupture avec la géomorphologie de surface symbolisée par l'orientation des vallées fluviales.

Cette exploitation a engendré des séquelles (friches industrielles, pollution, image fortement altérée ...) qui perdureront à l'horizon du prochain siècle (désorganisations des aquifères et des écoulements de surface, subsistance d'affaissements à temporalité décalée dans le temps, aléas liés à la décompression du sol consécutifs au gaz de mine...). Ces séquelles laissent ainsi de lourdes contraintes aux acteurs locaux qu'une politique finalisée de reconquête et de requalification des friches industrielles permet encore de traiter (plusieurs milliers d'hectares depuis 1999 par l'EPF Nord-Pas-de-Calais et les collectivités dans le Bassin miner).

Parallèlement, l'urbanisme engendré par l'exploitation minière et le développement de la sidérurgie a bouleversé la trame urbaine traditionnelle. Entièrement tournée vers l'exploitation minière, l'organisation urbaine héritée laisse de lourdes contraintes aux acteurs locaux : cloisonnement, absence de centralité, manque de confort des logements, friches industrielles, pollution, image fortement altérée...

En matière de requalification des friches industrielles, la politique de "reconquête des espaces dégradés" d'enjeu régional se caractérise par la transformation progressive d'une politique "héroïque" de traitement des "stigmates" (grandes friches) en une politique finalisée. Entre 1991 et 2004, 4 300 hectares ont été traités par l'EPF Nord - Pas-de-Calais dans le bassin minier, auxquels s'ajoutent plusieurs milliers d'hectares traités par les collectivités. Cette politique finalisée a été marquée (pour la période 2000-2006) par la recherche de gestionnaires - repreneurs des sites de la Trame verte - et une mise en projet des sites de mémoire.

En dépit des importants efforts réalisés dans le cadre des politiques d'intervention spécifiques européennes, nationales et régionales, l'effort à réaliser sur le logement est très important (logements miniers restant à rénover, cités traitées il y a 30 ans, logements privés...) dans la mesure où des objectifs plus ambitieux de diversification sont en cours de définition. En outre, les politiques d'aménagement urbain, qui ont accompagné les politiques de conversion économique dès les 1ères contractualisation Etat - Région, n'ont que très peu concerné les cités minières dans la mesure où celles-ci "bénéficiaient" de la politique GIRZOM. Cette politique, mise ne place dès 1972, a d'abord été destinée à prendre en charge une mise aux normes des voiries des cités minières, mais pas une restructuration urbaine de ces quartiers.

Une culture spécifique revêtant de multiples facettes marquant durablement le territoire et les hommes : le patrimoine bâti et non bâti, le patrimoine sociétal empreint d'esprit de solidarité, une société très encadrée qui était totalement prise en charge, tout ceci conduisant à un certain cloisonnement, à un déficit d'esprit d'initiative (issu d'une société exclusivement salariale), à une absence de mobilité mais aussi à des liens sociaux forts, à un sens du travail, de la discipline...

Une unité de problèmes économiques et sociaux : les particularités géographiques de chaque agglomération du bassin minier, ainsi que des calendriers différents dans les fermetures des puits, ont engendré des différences dans la situation de chacune des agglomérations du bassin minier. Il n'en reste pas moins qu'elles partagent des problèmes et des enjeux de même nature sur toutes les parties minières de leur territoire, du Béthunois - Bruaysis jusqu'au Valenciennois.

Un problème d'attractivité : alors qu'un part non négligeable de la population reste à l'écart du développement économique, par manque d'employabilité, les salariés formés habitant dans le bassin minier le quittent dès qu'ils disposent des moyens financiers suffisants pour "faire construire" et partent s'installer sur les franges.

 

Un territoire tiraillé entre l'héritage et les logiques de projet

La recomposition institutionnelle s'achève : le contexte actuel est marqué par une montée en puissance des communautés d'agglomération, des SCOT, des syndicats de transport. Ils constituent autant de territoires de projet qui devraient, dans l'esprit de certains, permettre de s'affranchir de ce territoire d'héritage, subi, qu'est le bassin minier.

Des solidarités nouvelles sont apparues : l'intégration du bassin minier dans de nouveaux réseaux économiques, le développement des modes de vie, et plus particulièrement de la mobilité, le phénomène de métropolisation, l'ouverture européenne, ont contribué à faire apparaître des solidarités nouvelles, qui s'expriment dans les mouvements de population. Le concept d'aire urbaine centrale ou d'aire métropolitaine apparaît alors comme une réalité.

Tramway de nuit

Les territoires se mettent en état de porter de grands projets. Le site minier de Wallers-Arenberg, le 11/19 à Loos-en-Gohelle, le développement d'un grand parc naturel urbain sur le site de l'ancienne cokerie de Drocourt, la création d'un nouveau quartier mixte sur le site de Sainte-Henriette, la reconversion de la fosse du 9/9 bis en lieu de créativité et d'activité (musique, tourisme d'affaire, excellence logistique) sont autant de témoins d'une nouvelle ambition et d'une perception positive de ce qui constituait auparavant un handicap, à savoir les friches industrielles. L'implantation du Louvre à Lens constitue également un choix d'aménagement du territoire très symbolique qui trouve une traduction inspirée dans le projet architectural SANAA. Le Louvre-Lens est aussi un grand projet urbain qui fera de cet équipement de renom mondial une vitrine d'excellence.

Métaphone

  Le tissu économique s'est diversifié : outre leur excellente situation géographique, les territoires du bassin minier ont l'atout d'avoir des filières économiques fortes et reconnues. Le Nord - Pas-de-Calais est la 1ère région française pour l'industrie ferroviaire, la 2ème pour l'industrie automobile et la 3ème pour l'activité logistique/transport.