

Les 4 grands sites emblématiques de la mémoire minière du Nord - Pas-de-Calais (base 11/19 à Loos-en-Gohelle, 9/9 bis à Oignies, le Centre Historique Minier de Lewarde - grand musée de la mine - et le site de Wallers-Arenberg), les cités minières, les chevalements, les anciennes fosses, les terrils, les étangs d'affaissement, les "cavaliers" et petits musées de la mine... forment un tissu patrimonial à la fois bâti, naturel, minéral et culturel qui s'étend sur l'ensemble du territoire.
Naturelle et bâtie, la richesse de l'héritage minier est fondée sur l'humain et le social : en témoignent le patois, le vocabulaire du mineur ; les coulonneux, les jeux traditionnels et le sport (ex : Racing Club de Lens) ; les ducasses et cercles folkloriques ; les fanfares, harmonies, chorales et chansons ; les grands écrivains, artistes, syndicalistes et hommes politiques... qui contribuent à faire de ce territoire un véritable creuset d'une culture et de traditions toujours vivantes.
Au-delà des actions de sauvegarde isolées et de la phase de requalification "pionnière" et massive des friches industrielles (verdissement, clos et couvert etc.), la valorisation de ces sites et leur développement se posent comme une question complexe. Ce constat s'est illustré dans l'une des priorités du volet de l'après-mine du Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006 : coordonner sites et acteurs constitutifs de la mémoire minière pour les organiser en réseau dans l'objectif de promouvoir une dynamique globale de développement. C'est au nom de cette logique de territoire qu'est né en 2003 le projet de candidature du bassin minier au patrimoine mondial de l'UNESCO, au titre de "paysage culturel évolutif", candidature portée par l'association BMU.
En 2000, la Mission Bassin Minier a mené une étude interministérielle sur la valorisation et la mise en réseau du patrimoine minier. Etude fondatrice qui a donné corps à la candidature du Bassin Minier à l'inscription sur la Liste du patrimoine de l'Humanité UNESCO, au titre de « paysage culturel évolutif » dès 2003. Au service de la candidature, la Mission Bassin Minier met en oeuvre un Schéma de Développement Patrimonial qui alimentera les orientations du Plan de gestion demandé par l'UNESCO, pour janvier 2010 ! Connaître, protéger-aménager-gérer et valoriser sont les trois axes majeurs du Schéma, document-cadre partenarial.
De 2005 à 2007, la Mission Bassin Minier a mené un inventaire qualifié des 563 cités minières du territoire. Cette enquête révèle l'importance, la variété et la richesse architecturale, urbaine et paysagère des cités minières, qu'il s'agisse des corons, des cités-jardins, des cités pavillonnaires, ou encore des cités modernes. Les cités sont classées en 3 catégories : 40 cités exceptionnelles, 169 cités remarquables, 354 cités témoins.
Elle a mené l'inventaire des 230 terrils, en collaboration avec le CPIE-Chaîne des terrils et l'EPF, des anciens cavaliers et du patrimoine minier « diffus » (anciennes fosses, ouvrages liés à la production, équipements collectifs, œuvres sanitaires et sociales des Mines …) par une enquête auprès de chaque commune minière. En 2008, elle a achevé une étude paysagère à l'échelle du bassin, qui a permis de le découper en 16 « grands paysages », en croisant la géomorphologie, l'occupation du sol et la perception du paysage. A une échelle plus fine, une quinzaine de « micro-paysages », appelés Ensembles Paysagers Miniers Remarquables, ont été identifiés et analysés.
Cité de Beaurepaire à Somain
Au niveau national, se fondant sur les inventaires réalisés, en 2009, l'Etat a mené une campagne de protection au titre des Monuments Historiques, inédite par son ampleur et son objet (patrimoine industriel).
Au niveau régional, les terrils ont été protégés grâce à l'EPF Nord-Pas de Calais et aux Départements du Nord et du Pas-de-Calais qui les ont acquis en grande partie au titre des Espaces Naturels Sensibles.
A l'échelle du bassin, en 2007, grâce à l'inventaire de la MBM, les cités minières seront mieux prises en compte dans les politiques d'aménagement, par une mise en cohérence des documents de planification s'imposant aux PLU : les 3 SCOT (Grand Douaisis, Lens-Liévin-Hénin-Carvin, SMESCOTA) ainsi que le PNR Scarpe-Escaut qui révise sa Charte, ont adopté un texte commun, co-élaboré avec la MBM.
La MBM a engagé une concertation avec Maisons et Cités et la SIA, afin de croiser qualités patrimoniales des cités et contraintes de gestion et réviser les plans de stratégie des bailleurs. A l'appui de ce dialogue, la MBM réalise 17 monographies de cités minières exceptionnelles et remarquables, qui alimenteront un futur « cahier d'orientations » sur la gestion, la transformation et la rénovation des cités minières. Des « cités pilotes » seront identifiées pour traduire dans les faits ces orientations.
Au niveau local, grâce aux communautés d'agglomération et leurs offices de tourisme, au PNR, au CHML etc, les projets de valorisation sont nombreux : « Pays d'Art et d'Histoire » de Lens-Liévin, circuits, formation de guides-conférenciers, Journées du patrimoine, projets des grands sites miniers, itinéraire de Grande Randonnée de Pays® (GRP), Educ'tours, boucles de la Trame verte et bleue… Sans oublier le cahier technique spécial, publié en 2006 par la MBM, sur l'habitat minier ! La MBM est de toutes ces aventures, aux côtés et à la demande de ses partenaires.
La MBM est allée au-delà de l'héritage minier. Dès 2002, avec les agglomérations, elle a recensé les « autres » patrimoines du bassin, à savoir le patrimoine lié à la 1ère Guerre Mondiale, le patrimoine civil etc et qui se traduit aujourd'hui par un atlas patrimonial interactif comptant plus de 3 000 éléments.
Etang de Chabaud Latour et chevalement de l'ancienne fosse
Ledoux à Condé-sur-l'Escaut
Rôle de la MBM
La MBM met en oeuvre les études et expertises nécessaires à une meilleure connaissance de l’héritage minier. Elle fait émerger des outils et des projets afin de mieux gérer et valoriser cet héritage.
En 2009, toutes ces démarches de connaissance et de concertation servent à identifier le périmètre qui sera proposé à l’UNESCO. Le plan de gestion demandé par l’UNESCO doit être prêt pour janvier 2010.
Les partenaires du Plan de gestion UNESCO
Contacts
Catherine Bertram
Directrice d’études, programmation – partenariats
cbertram(at)missionbassinminier(dot)org
Raphaël Alessandri
Architecte DPLG, chargé de mission principal patrimoine-urbanisme durable
ralessandri(at)missionbassinminier(dot)org
Naïma Maziz
Chargée de mission patrimoine-urbanisme durable
nmaziz(at)missionbassinminier(dot)org
Tél : 33+ (0) 321 08 72 72